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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 10:24
Tout a commence un dimanche et contre toute logique rien ne fonctionne le dimanche a Khorog ( "capitale des Pamirs") et notamment pas les transports, les banques ni meme le bazar.
Et pourtant nous etions, sac au dos, sur la route du depart pour un village non meme mentionne sur la carte, du nom de Geisev. Nous avions quelques indications concernant sa situation geographique et nous comptions surtout sur les gens du coin pour nous aider a le localiser.
des gens du coin... et pourtant, une fois notre pouce leve sur le bord de la route, c'est un enorme camion rutilant qui s'arrete avec a sa suiteune bonne douzaine de clones qui freinent les uns apres les autres.
Nous montons avec peine dans la cabine du chauffeur, super vue de la haut. Et la, echanges de " salam Aleikum" et de sourires. Nous engageons la conversation avec nos quelques mots de russes maintenant largement maitrises et interrogeons notre chauffeur sur la localisation de Geisev.
Il nous sourit encore, beat mais semble ne rien comprendre a notre charabia.
Il a bien une tete de tadjik et est donc sense comprendre et parler le russe ( cf. l'article "l'ouzbeque" a ce sujet). Ce tadjik est entoure de symboles chinois, son camion est chinois, son thermos est chinois, son chapeau est chinois... mais il a bien une tete de tadjik... au secours...un ouigour !
Alex attrape son sac en vitesse pour changer de phrase book pour pouvoir echanger quelques mots de mandarin. Du mandarin avec un ouigour...bref on est au tadjikistan apres tout.
Apres 10 minutes de route, tout le monde s'arrete, les 12 engins, tout le monde descend.
On change une roue de camion...crique - demontage de la roue externe qui est indemne de crevaison pour atteindre la roue crevee - extraction de la roue de secours bien encastree sous le camion - changement de la roue - et la besogne de s'arrete pas la ! Les chinois ils reparent meme les roues crevees sur place : demontage roue - gente - pneu , recherche du trou, colmatage avec colle et rustine, big la rustine.
Bref, malgre l'expertise de leurs gestes et leur savoir faire de mecanos, ca prend des plombes. Et, en attendant, on voit passer des mashroutkas ( des minibus) sur la route qu'on n' ose pas arreter par respect pour nos potes ouigours.
Apres tout ca, pause pasteque sur le bord de la route et puis pause encore... euh...Geisev c'est encore loin ?
Du grand baroud comme dirait Alex.
Je passe quelques details mais apres plusieurs episodes de stop successifs nous sommes arrives au fameux pont qui fait le lien entre la derniere route carrossable et le chemin qui mene au village convoite. 7kms de marche dans un paysage splendide et une lumiere de fin de journee qui nous accompagne jusqu'a l'entree du paradis.
La,  on rencontre Goulcha et il nous accueille dans ce village totalement isole de 15 familles,  au bord d'un lac turquoise.
Et il se passe toujours un truc a Geisev, le lavage des tapis sur les rochers bordant le lac, la recolte du ble a la faucille, le moulage ( du verbe moudre vous l'aurez compris, j'en perds ma grammaire! ) du ble par les boeufs qui tournent pendant des heures, guides par les hommes du village, pour l'ecraser et en faire sortir les grains et puis le tamisage et puis la confection de la farine et puis du pain. Ce pain qui cuit dans un four pyramidal en pierre et qu'on fait adherer a la paroi en se brulant les mains, enfin ca ca concerne les femmes du village.
C'est la qu'on croise Goulcha avec une biquette qui braille sur ses epaules. Euh, Goucha, qu'est ce que tu fais la ? Ah bon c'est pour nous, non vraiment une biquette a Paris, c'est vraiment pas pratique, oui bien sur on a un jardin, mais quand meme.  Ah bon, c'est pour tout de suite... non vraiment fallait pas... En fait, elle etait delicieuse cette biquette., merci Goulcha.
dans les Pamirs, nous ne sommes pas des touristes mais des Gost et quand t'es un gost, on te doit tout, le the, les sourirs, les biquettes (et les meilleures parties ), la meilleure place autour du poele, a table et la meilleure couche.
Et bien tout ca, ca fait aimer les Pamirs et surtout les Pamiris. Si si ...


DSC03020-copie-1.JPGDSC02840.JPG
       

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commentaires

anabela 14/10/2007 18:50

Une petite biquette, à la chair toute tendre, au pelage doux et aux yeux implorants, petits veinards ;-) ça va, elle n'a pas trop crié ?? Vous avez pu garder la peau pour vous faire des pantoufles ou un sac ? est-ce qu'on vous a fait le coup de la panse de bique farcie au riz ?

jean 09/10/2007 14:15

Que c'est beau et que je vous envie. Bises à vous 2