Nous avons quitte Kasghar il y a presque 2 mois deja, pour traverser le Xin-Jiang puis le Gansu, arriver a Xi-An, quitter le desert de Gobi et laisser derriere nous s'effacer les Salam Aleikum et les ambiances de bazrar. Au fur et a mesure de notre avancee, j'ai rencontre une autre Chine, celle des temples et de l'art bouddhique, des grandes avenues jonchees de beaux magasins, celle des cyclistes et scooters electriques, des hurlements de sono ou de tele dans les bus, celle des sourires genes...
J'ai alors parfois repense avec nostalgie a l'Asie Centrale, a l'appel du muezzin, a la chaleur des negociations accroupis au marche avec les ouighours ...
Et puis, dans notre traversee du Gansu, nous sommes arrives a Linxia et ses alentours ou les temples chinois avec leurs toits ourles si caracteristiques se voient agrementes d'immenses minarets dores. Ces mosquees telles des palais boudhiques se repandent ici par dizaines et me replongent dans un univers ou les tetes sont coiffees de la petite calotte blanche, ou les rues, meme asphaltees, degagent cette atmosphere particuliere que l'odeur des shashliks vient renforcer.
Mais a Linxia, les huis ne constituent pas la seule minorite et au cours de nos deambulations au marche, nous avons rencontre plusieurs etranges personnages, tels des indiens d'Amerique vetus de superbes costumes colores, hommes et femmes portant les cheveux longs, les dames nattees portant de gros bijoux argentes et une ceinture de cuir certie de boules dorees. Les manteaux ,en peau fourree, sont a moitie emmanches, une des manches reste pendante le long du corps tandis que le bras est emmitoufle dans les plis de l'habit. Ils ont la peau rouge brulee par le soleil et le froid.
Meme si je l'avais lu dans le guide, je ne pouvais pas m'imaginer que bientot nous entrerions en pays tibetain. Une autre Chine, encore differente...
Le majestueux monastere de Labrang, a 3000 metres d'altitude.
Un peu de neige le matin de notre arrivee faisant d'autant plus ressortir le rouge chatoyant des tenues des moines tibetains qui se pressent pour rejoindre la salle de priere principale ou leurs maitres tes des vautours a la coiffe jaune crochue les attendent pour commencer.
Pas de bruit de haut-parleurs dans les rues ou meme de klaxons , juste l'incessant gemissement des centaines de mouliins a priere que les fideles font tourner de facon incessante sur les 3 kms qui entourent le monastere.
Nous sommes restes ici, a Xiahe, plusieurs jours, difficile de quitter la magie du lieu.
Vous comprendrez ...
